Manque de places dans les IME, défaut de moyens pédagogiques adaptés, suivi et contrôle des familles d'accueil insatisfaisants, le président de l'Adapei du Finistère, André Guéguen, fait le point sur cette situation tendue.
Avez-vous déjà connu une situation aussi tendue?
C'est un problème récurrent car les places proposées en IME ne correspondent pas à la demande. Il y a quelques années, ma femme a ainsi dû arrêter de travailler durant deux ans pour garder notre
fille à la maison car nous n'avions pas de solution en IME. Et pourtant la Ddass accorde régulièrement des dépassements d'agrément.
Existe-t-il d'autres solutions?
La Ddass semble compter sur l'inspection académique pour régler le problème. La loi de 2005 reconnaît que la scolarisation d'un enfant handicapé en milieu ordinaire est un droit. Je considère que
si une orientation en IME est donnée, elle doit être respectée car elle correspond à un besoin. Visiblement, l'inspection académique n'est pas en mesure de mettre en place des moyens adaptés au
niveau des accompagnants ou des moyens pédagogiques adaptés. On nous oppose toujours des budgets. En 2008, l'Adapei a accompagné six familles au tribunal administratif. Cinq ont obtenu gain de
cause et une scolarisation adaptée pour leur enfant. L'État a été condamné pour défaut de scolarisation. Pour le dernier cas, le Conseil d'État a été saisi.
Comment réagissez-vous au choix du conseil général qui a retenu l'offre du centre hospitalier de Quimper au détriment de celle de Kan ar Mor pour l'accueil et le suivi des personnes
handicapées?
Ce que l'on constate déjà à l'heure actuelle, c'est que le conseil général n'a pas une parfaite maîtrise du contrôle et du suivi des familles d'accueil. Aujourd'hui, à la suite d'un appel
d'offres qui n'existait pas avant, car il travaillait en partenariat avec Don Bosco dans le nord et Kan ar Mor dans le sud, le conseil général a opté pour la proposition du centre
hospitalier.
Quelles sont vos craintes?
Le problème c'est que tout le monde veut prendre des parts de marché. Ce qui est à craindre, avec la mise en place des agences régionales de santé, c'est qu'une seule personne décide pour
l'ensemble des structures sanitaires et sociales, et des personnes âgées. Pour l'appel d'offres, le prix d'accueil à la journée était facturé par Kan ar Mor 12,50 € au conseil général. L'hôpital
a proposé un tarif de 3,50€. L'Adapei s'interroge sur le cahier des charges et sur la qualité du service rendu à l'usager. On ne peut brader un service pour des raisons financières. Notre crainte
est que l'on passe d'un service d'éducation spécialisé à un système de garderie. Pour nous, il y avait moyen de négocier à moindre coût pour garder ce service dans le médico-social sans nuire à
la prise en charge. Ce qui m'a le plus choqué c'est la réponse de Roger Mellouët, vice-président du conseil général, au président de Kan ar Mor, lui annonçant que son offre n'était pas
«économiquement la plus avantageuse».
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